L’astrologie

1. Précision préalable sur l’astrologie

L’observation, depuis la Terre, d’un jeu de correspondances subtiles entre le mouvement des planètes (macrocosme) et le comportement psychologique des individus (microcosme). Une science humaine au croisement de l’astronomie et de la psychologie. Une science du Temps, assujettie au rythme des cycles planétaires. Un langage symbolique, de source archétypale et mythologique, qui exprime pourtant une réalité. Un art de l’interprétation.

Autant de définitions de l’astrologie… mais il en est une « de première nécessité » : l’astrologie s’apprend et ne fait donc appel à aucun don extrasensoriel. Il est essentiel, au seuil de nos années 2020, d’apporter continuellement cette précision pour espérer réparer le long préjudice fait à cette discipline.

Faut-il perdre patience face à l’interlocuteur qui esquisse un sourire moqueur ou affiche une mine sceptique à l’évocation de l’astrologie, lui qui d’évidence ne l’a jamais pratiquée et n’en a que des idées reçues ? Au contraire, il faut s’efforcer d’être pédagogue et se montrer indulgent. Pédagogue, car il est probable qu’instruit en astrologie, il reconnaîtrait l’intelligence d’un thème natal et s’en ferait un allié. Indulgent, car cet individu subit quotidiennement, par l’intermédiaire des médias – de la radio et des journaux, des magazines et des publicités – une immense confusion sur ce qu’est l’astrologie.

Nous voulons parler d’abord de l’amalgame avec la voyance, « mélange des genres » source de néologismes (« astrovoyance ») qui dénaturent l’astrologie. Qu’est-il besoin de fabriquer des ponts divinatoires à un outil aussi précis que l’astrologie, et de produire ainsi dans l’esprit de tous des associations nébuleuses ? Nous voulons parler ensuite des « horoscopes », cette forme galvaudée, réductrice et généraliste jusqu’à l’absurde de ce qui fonde la rigoureuse astrologie : l’étude d’un thème natal, toujours unique.

Ces déformations de l’astrologie, qui relèvent tant de la déroute éthique que de la récupération commerciale, perdurent depuis des décennies, quand bien même des ouvrages sont parus, des émissions audiovisuelles ont été diffusées, des associations et même une Fédération astrologique se sont constituées pour rappeler sa spécificité… Si les médias entretiennent éhontément ces indistinctions, il est commode de les blâmer de manière univoque et de passer sous silence que certains astrologues eux-mêmes font le jeu de la confusion. Cela est assurément leur droit, mais fait un tort considérable à la reconnaissance de l’astrologie comme discipline à haut potentiel universitaire. Car porter haut l’astrologie requiert une rigueur méthodique de tous les instants.

2. L’astrologie, science de la connaissance de soi

Autre conséquence des amalgames : l’astrologie aurait une fonction purement prévisionnelle, de type évènementiel. Or, l’astrologie n’a que faire des prédictions sensationnelles, qui sont l’affaire des voyants. L’astrologie est, avant toute autre chose, un outil de connaissance et de compréhension de soi. Le sujet qui étudie son propre thème de naissance ou qui en confie l’étude à un astrologue s’y retrouve ; le thème lui « tend un miroir » et ce reflet fidèle à la structure de sa personnalité est la meilleure démonstration de l’intelligence d’un thème natal. Ce miroir tendu nous donne aussi à reconnaître ce qui nous déplaît en nous-même, voire ce que nous préférerions taire. Si l’astrologie ne prétend pas relever de la psychanalyse, une étude de thème amène pourtant à identifier et déplier un éventuel déni.

Certes, l’astrologie est aussi une science du Temps. Elle permet de remonter dans le passé et de faire le point sur son présent grâce à l’outil astronomique des Ephémérides, ouvrage qui recense les positions planétaires pour chaque jour de l’année. Les périodes-clés d’une existence, celles dont on peut affirmer qu’elles ont mis en jeu un affect spécifique (souffrance physique, douleur de la perte, mais aussi joie familiale, célébration amoureuse, émotion érotique…), se retrouvent en observant l’interaction de l’état céleste de ces dates avec notre thème de naissance. Le patient décryptage que constitue l’analyse et l’interprétation d’un thème natal peut s’opérer pour chaque expérience, chaque étape, chaque âge. Et puisque cet outil astronomique nous fournit les positions planétaires pour des décennies à venir, il devient tentant d’anticiper l’avenir, mais impossible d’affirmer de façon péremptoire ce qui aura lieu au plan évènementiel. Des tendances dans un domaine spécifique se dégagent, relativement au « contexte de vie » du sujet ; des scénarios probables se dessinent, mais leur réalisation dépendra aussi du libre-arbitre qui est cher à l’individu.

Ce parcours dans les trois temps d’une existence fonde l’Astrologie individuelle par laquelle j’ai choisi d’appeler ma pratique et mon enseignement astrologiques. Ce nom entend traduire un souci constant du particulier et du personnalisé. De même que tout thème de naissance est unique, tout discours en consultation tend à l’individualité, à rebours des généralités. L’apprentissage de l’astrologie, lui aussi, débute toujours par l’étude de son propre thème, par la prise de conscience de son unicité. Dans un contexte de renouvellement mais aussi d’éparpillement de l’astrologie, il me paraît nécessaire de rappeler la nature uranienne de l’astrologie, faite d’individuation et d’autonomie.